Festival des Terre-Neuvas à Bobital près de Dinan ( Côtes d'Armor , pas loin de Rennes ) , un joli p'tit bourg en pleine campagne qui organise ce qui est devenu le deuxième festival de France derrière les Vieilles Charrues à Carhaix ( Finistère ) et juste devant les eurockéennes de Belfort.
Pour la journée du 07/07/07 :
Ziggy Marley a eu la lourde tâche de démarrer le programme et finalement un peu de reggae pour chauffer progressivement l'ambiance , ça le fait plutôt bien. Ses premiers mots ont été : "Love is my religion" et si ses premiers morceaux ont reçu un accueil un peu tiède , la suite a été plus entrainante avec inévitablement plus de succès pour les reprises du regretté Bob.
Ensuite , changement de scène pour
Sniper et son ragga hip-hop précédé d'une démonstration impressionante de danse acrobatique. Mais bon , c'est pas trop mon truc donc je fuis visiter le reste du site , direction la sympathique taverne irlandaise.

Au retour , Sniper n'en finit pas et part dans un délire de tchatche avec le public qui occasionne un gros retard de près de 20mn pour le suivant.
Et le suivant en question n'est autre que le local hero de la journée ,
Da Silva originaire de la région dinanaise. Je ne connaissais presque pas ce petit bonhomme plein d'énergie communicative , à l'énergie rock et aux sonorités parfois folk mais il m'a vraiment plu.
Lui à la guitare , acoustique le plus souvent , et accompagné par un autre guitariste-choriste , d'un bassiste , d'un batteur et d'un violoniste ont très vite entrainé la foule grâce à des mélodies bien troussées et très rythmées. Ce breton possède une voix , un style et un dynamisme sans compter un certain talent pour les mots. Et quand un artiste prend du plaisir sur scène , se donne sans compter , le public le lui rend bien. A noter , j'avais oublié

, la participation de
Yann Tiersen pour quelques morceaux ! A découvrir ici aussi :
www.myspace.com/dasilvaemmanuelAu tour ensuite de Julien Clerc , avec sa voix chevrotante et oui , vous l'aurez deviné , j'aime pas. Mais faut reconnaître que c'est une pointure , il sait y faire avec le public qu'il n'avait sans doute jamais vu aussi nombreux dans sa carrière. Faire chanter des gus venus pour Sniper ou autre , c'est pas donné à tout le monde. Il est par contre à l'origine du premier et seul couac de la soirée car il est revenu pour un p'tit rappel avec "Ma préférence" alors que de l'autre côté le groupe suivant mettait la ouache...
Et quand c'est
Status Quo qui la met , la ouache , ça s'entend à moins d'être sourd , c'est à dire d'avoir déjà écouter Status Quo en live... vous me suivez ?

Donc le Julien Clerc , pas sûr que sa préférence soit allée aux rockers de service en ce début de soirée ensoleillée ( eh oui ! ) car ils ont envoyé du gros son , les gars , de bonne qualité certes mais avec le déballage de matos sur la scène c'était la moindre des choses. Il y avait un mur blanc d'amplis et d'enceintes avec le batteur au milieu , je me demande si c'est bien nécessaire.
Autrement leur performance est très pro , leur accent imbuvable ( font pas d'efforts en plus ) et en termes de jeux de scène , les papys font leur âge , leurs mimiques et jeux de jambes sont très datés. Par contre leur guitares sont pas du tout rouillées et leur rock énergique a trouvé un echo très favorable dans le public. Sympa à voir et oubliez leur "In The Army Now" , tube improbable et accident de parcours qu'eux même renient.
Ensuite , au tour de
Pleymo et son néo-métal français. Là ça gueule , ça fait peut-être plus de bruit que Status Quo mais je suis pas allé vérifier de trop près , c'est assez imbuvable comme zique. Donc vaut mieux tenter de se restaurer , je dis bien tenter car avec 40 ou 50 000 personnes , ça tient de l'expédition.
On arrive maintenant à
Placebo sur la plus grande scène devant laquelle se masse une foule très impressionante , agoraphobe s'abstenir !
Je ne savais pas trop quoi attendre de la bande à Molko , dont la voix nasillarde me gêne , mais j'ai été agrablement surpris. On me les avait décrits comme froids avec le public , assurant leur show sans plus avec des morceaux ressemblant aux originaux studio. Et bien non , c'est certes très carré sur scène mais le son était très bon et ils ont été le seuls à louer l'organisation du festival et l'immense travail des bénévoles. Le plaisir était là , et à part leurs classiques ils ont fait une reprise de Kate Bush , "Running up That Hill" ( pas sûr du nom ) assez réussie.
J'ai ensuite passé mon tour sur DJ Zebra et préféré filer vers la troisième et trop petite scène où l'excellent groupe breton
Merzhin se produisait. Révélés entre autre au
festival interceltique de Lorient ( oui , je fais de la pub , et alors ?

) ce groupe de formation plutôt rock agrémenté de quelques sonorités celtiques ( un peu de bombarde , de whistle et aussi maintenant clarinette et saxo ) met le feu partout où il passe , en France ou en Europe. Ca percute , c'est festif , ca peut tendre légèrement vers le ska par moments et le public répond à tous les coups , on est jamais décus !
Et maintenant , le clou de la soirée , celui que tout le monde attendait en raison de sa personalité sulfureuse :
Marilyn Manson , Charles Monroe

pour les intimes.A ce moment , le densité de gothiques au mètre carré a subitement explosé sur le devant de la scène , il y en avait pour tous les goûts ,

notamment du darkfolk ou encore du gothique para-militaire ( oui , j'étale ma science , je sais...). Faut pas se fier aux apparences , ils sont gentils comme tout mais comme look , il y a plus discret.
Bon , c'est du show à l'américaine , très rodé avec une grosse mise en scène qui débute derrière un rideau noir. Après une musique d'attente bruyante et sans intérêt , des lumières rouges s'allument et laissent deviner la silhouette de la bête. Finalement , le rideau tombe dans une explosion de guitare et c'est parti pour 1h30 de vacarme et de cris en tous genres. Le public , curieux surtout , guette d'éventuels débordements de la part de Manson mais il ne fait que se gratter l'entre-jambes pendant tout le show , baisser son froc pour mimer un coït sur le sol ou exiber une demie fesse. Pas de quoi fouetter un chat , le gus s'est bien assagi avec le temps. Finalement , c'est une vraie caricature , au mieux il fait rire , au pire il laisse indifférent , seules les mauvaises interprétations de ses messages pouvant poser problèmes.
Ah , et puis vous vous souvenez de l'accueil de Ziggy Marley ? "Love is my religion" qu'il avait dit , et bien pour Manson ça a donné : "How many babes' motherfuckers are you tonight ?" suivi de "I love hate , i hate love" , z'ont pas du passer la soirée ensemble...
Musicalement , à part le fait de jeter son joli micro ( prolongé par une lame de 30 cm ) à la fin de chaque morceau , il faut noter une reprise de "Sweet Dreams" de Eurythmics et de "Tainted Love" de Softcell. Pas si mal , enfin pour une fois qu'il y avait un truc qui ressemble à une mélodie.
Le premier final s'est fait dans un explosion de fumigènes et de petits papiers , il est ensuite revenu pour un dernier titre juché sur chaise géante d'au moins 4 mètres de haut

sur laquelle il s'est frotté comme pendant la majeure partie du concert.
Le public est resté très spectateur , seuls les fans réagissant bruyamment. Ca faisait un peu bête de cirque dans le contexte d'un festival éclectique comme les terre-neuvas mais bon , je pourrai dire que j'ai vu le phénomène !

Ce festival est vraiment sympa , si vous êtes ouvert à tout style de musique , je vous le conseille. Par contre , l'organisation semble plus bordélique qu'aux Vieilles Charrues qui seront ma prochaine étape de l'été. Ben si , c'est l'été , z'avez pas remarqué ?
